Le piégeage photographique - ou voir sans être vu ! (enfin presque)

Le piégeage photographique, en lien avec le suivi de la faune est à la rencontre entre plusieurs mondes. A la fois outil de repérage pour (...) Voir descriptif détaillé

Le piégeage photographique - ou voir sans être vu ! (enfin presque)

Le piégeage photographique, en lien avec le suivi de la faune est à la rencontre entre plusieurs mondes. A la fois outil de repérage pour (...) Voir descriptif détaillé














Choisir un thème et un lieu d’étude


Le type d’animal, le lieu de l’étude et la période à couvrir sont autant d’éléments qu’il faut prendre en compte pour définir le type de piège à employer et estimer son taux de réussite. En effet, si on souhaite avoir des images de Panthère à 4000m et que l’on ne reste qu’une ou deux journées sur le site, le choix du lieu de passage devra être bien réfléchi.

Photographie de nuit
par infra rouge

Photographies nocturnes, vidéo ou photo, images esthétiques ou comptage de gros mammifères, prises de vue en forêt ou dans une prairie enneigée sont autant de cadres qui influenceront votre approche et vos réglages.

Si vous souhaitez prendre en photo des micro-mammifères, il faudra régler la sensibilité sur « grande » et positionner le piège très près du sol...avec le risque d’avoir beaucoup de déclenchements intempestifs dus aux mouvements des feuilles par le vent (et une diminution rapide de l’autonomie du système)

Photographie de nuit
au flash

Il faut prendre aussi en compte la portée du piège et sa sensibilité. Même si le détecteur IR peut déclencher la prise de vue pour un sujet présent à 10m, le flash ou le spot IR d’éclairage nocturne n’aura peut-être pas cette portée.

Une fois ces quelques éléments choisis :
- animal
- nocturne ou diurne
- 1 semaine, 1 mois, 1 an

vous pourrez adapter votre matériel et préparer vos expériences.


Choisir l’outil en fonction de son objectif


Deux technologies existent aujourd’hui sur le marché des pièges photographiques. Ceux possédant un flash infra rouge et ceux possédant un flash blanc (lampe à éclat classique ou spot à LED). Le détecteur Infra rouge peut aussi varier et avoir un angle de détection plus ou moins grand.

Le piège ne semble pas déranger

Tous les pièges ne se déclenchent pas en même temps et n’ont pas la même sensibilité au niveau de la prise de vue, il est évident que des tests préliminaires sont à faire. Dans de nombreux cas, l’étude des traces et autres indices de présences (grattages, fèces, sites de nourrissage) seront des indices plus pertinents et plus rapides à mettre en œuvre.

Piège Infra-rouge de poche

Régler le piège sur une prise de photos multiples (souvent par 3) permet de prendre l’animal sous plusieurs angles. En effet, s’il provient de derrière, sa tête déclenchera la première prise de vue, les 2 autres suivront et permettront de définir son allure, ou ses particularités morphologiques (différences mâle/femelle). Sans ce réglage, le piège laisse un temps entre 2 prises de vue pour économiser la capacité de la carte mémoire.

Si des conditions difficiles sont prévues, ne pas hésiter à investir dans des piles ayant une plus longue capacité comme les piles au lithium (meilleure résistance aux grands froids). Ou s’équiper avec des panneaux solaires reliés à des batteries (capacité très augmentée).


Positionner son piège photographique


Le positionnement du piège photographique doit s’effectuer après une petite étude du terrain et une analyse des indices de présence afin de déterminer les couloirs, corridors et autres endroits fréquentés.

Haut lieu de fréquentation

La période hivernale et les chutes de neige permettent facilement de repérer les garde-manger, les abris et les lieux de passage. Hors période de neige, l’observation minutieuse des zones de grattage, les reliefs de repas et la pose de pièges à empreintes (lits de sable fin) peut permettre d’affiner le positionnement idéal.

Terrier de petit mammifère

En fonction des objectifs de l’étude, de la course du Soleil (éviter les contre-jour), de la taille de l’animal, du diamètre des arbres, les choix seront vite faits et les pièges seront positionnés. Ne pas hésiter à répéter les expériences en positionnant 2 pièges au même endroit. Un laser équipe les pièges et permet de les diriger précisément dans la même direction. Utiliser des cales en bois (bois mort trouvé sur place) pour orienter les pièges dans la bonne direction. L’influence des réglages des pièges pourront être discutés quand nous aurons suffisamment de données. Jusque là, je conseille à chacun de noter les réglages dans le descriptif de vos expériences.

Choisir un endroit approprié

Matériel et technique


Le point noir que nous rencontrons actuellement est l’alimentation électrique des appareils. Le froid diminue drastiquement la capacité des piles et batteries, et le rechargement des accumulateurs ne donne pas tout à fait satisfaction. C’est un point à vérifier grandement afin d’éviter de laisser du matériel inutilisable au milieu de la forêt.

Ballade nocturne hivernale

Possédants des batteries en 12V de taille raisonnable, un cable spécifique a été construit. Il est utilisable à condition de respecter scrupuleusement les polarités.

Pour mémoire et rappel, le code couleur qui s’applique généralement est le rouge pour le pôle (+) et le noir pour le (-). Les fils noirs avec un trait blanc indiquent dans notre cas le pôle (+).

S’assurer des branchements suivants :

Fil Blanc (+) et fil noir (-)
La borne (+) doit être au centre
Alimentation externe en 12V

Il faudra penser à protéger la batterie d’une éventuelle pluie ou chute ne neige en la rangeant dans plusieurs (2 ou 3) sachets en plastique que l’on prendra soin de rendre étanches à l’aide de ruban adhésif adapté (scotch armé gris par exemple)


Mode d’emploi spécifique


Réglage des parmètres sur un modèle à flash







Les modèles utilisés au centre ont leur mode d’emploi ici, vous pouvez donc vous préparer à leur utilisation.

Manuel du piège D40














Projets en cours


Les expériences menées jusqu’à présent visent à valider l’utilisation des pièges que nous avons en notre possession. Cela dit, une équipe teste régulièrement les pièges en situation, je parle évidemment de l’équipe Panthéra au Kirghistan.

En 2009 ils ont vu la Panthère !


Nous positionnons les pièges en triangle afin de comparer leur capacités de détection en fonction de leur technologie, des effets de contre jour, des types de batterie les alimentant, de la hauteur à laquelle ils sont, en fonction de la distance par rapport à la cible, etc... et ceci dans différents coins du bois et sur différentes cibles (chevreuils, petits mammifères)...

Ces projets vont se structurer afin que nous puissions mener des études systématiques sur les différentes placettes positionnées dans différents écosystèmes.

Nous invitons d’ailleurs nos équipes à insérer leurs expériences dans les projets en cours et de documenter le plus possible leurs résultats.

Tel est pris qui croyait prendre !

Bibliographie


Kucera T.H., Barrett R.H. (1993), The Trailmaster camera system for detecting wildlife, Wild. Soc. Bull. 21:505-508

Wallace R.B., Gomez H., Ayala G., Espinoza F. (2003), Camera trapping for jaguar (Panthera onca) in the Tuichi Valley, Bolivia, J. Neotrop. Mammal. : 10(1):133-139

Thèse de James Sanderson intitulée dans le genre : « Tropical ecology, assessment and monitoring initiative : camera trapping protocol »

Photos / Vidéos

Une batterie de 12V est envisageable

Voir sans être vu...

Le piège photo

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